À l'ère de l'IA, les développeurs n'écrivent plus le code eux-mêmes : il est généré par des agents d'IA comme Claude Code, Codex et d'autres. L'IA est même capable de développer des projets entiers à partir de spécifications. À quoi servent donc encore les développeurs ?
Tout le monde utilise l'IA
Récemment, un de mes clients m'a proposé un nouveau projet. Il m'a envoyé les spécifications par e-mail, et lors du premier entretien, il a commencé par cette phrase :
J'ai envoyé les specs à l'IA GPT Astra qui m'a développé un POC
Un POC (« Proof Of Concept »), c'est en quelque sorte une version minimale du projet pour voir sa faisabilité.
Alors pourquoi ce client fait encore appel à moi ?
- L'IA écrit tout le code.
- L'IA est capable de créer une première version d'un projet à partir des specs.
À quoi servent encore les développeurs ? Où est leur valeur ?
- Certainement pas dans « j'envoie un prompt à l'IA et elle fait tout », car comme vous l'avez vu, envoyer un prompt, tout le monde sait le faire, même mon client.
- Certainement pas non plus dans « écrire du code à la main » (savoir coder reste indispensable pour comprendre, mais l'IA code à notre place). C'est perdu d'avance.
La valeur, c'est de savoir juger, piloter et maîtriser les agents d'IA.
Le piège de l'IA
Quand vous demandez quelque chose à l'IA, elle vous donne ce que vous lui avez demandé, pas ce dont vous avez besoin.
Quand vous avez un but précis, l'IA vous aide à y parvenir. Au contraire, quand vous ne savez pas exactement où aller, l'IA vous oriente dans une direction généralement mauvaise. Et elle vous y emmène loin.
Ce client fait appel à moi parce que, seul face à l'IA, il ne sait pas comment emmener le projet au-delà de cette première version de test.
- Il ne sait pas évaluer la pertinence du résultat, ni quelle approche choisir face à chaque problème, ni comment aller en production avec un projet fiable qui fonctionnera pendant des années.
- Même en demandant aux IA les plus puissantes.
Le « nouveau métier de développeur »
Tout le monde a accès aux mêmes outils d'IA. Ce qui change ? Savoir les piloter, et comprendre quand ce que vous propose l'IA ne va pas dans la bonne direction.
Ce sont de nouvelles compétences que vous pouvez acquérir, et qui servent dans toutes les situations : en entreprise, en freelance ou pour vos projets personnels.
Certains développeurs l'ont bien compris, et prennent déjà une longueur d'avance : ils créent du code de meilleure qualité plus vite que vous, tout en gardant la maîtrise de leurs projets, pendant que vous restez sur place.
Ils créent aussi leurs propres workflows, et font développer des projets entiers par l'agent, en concevant le système de vérification et en gardant des points de contrôle. (Tout l'inverse du vibe coding, où l'on ne maîtrise rien.)
Ces compétences constituent le « nouveau métier de développeur ». Ce que j'appelle aussi le « développeur agentique ».
Un développeur agentique connaît les techniques pour exploiter les agents d'IA et produire du code de qualité. Et surtout, il sait juger ce que l'IA lui propose : repérer ce qui ne va pas, redéfinir le cap, et accélérer dans la bonne direction.
Alors, à quoi servent encore les développeurs ?
Mon client avait un POC généré par l'IA en quelques minutes.
Ce qu'il n'avait pas, c'est la compréhension.
Comment le projet fonctionne ? Qu'est-ce qu'il manque pour avancer ? Comment résoudre les problématiques de fond ?
Sans cette compréhension, impossible de savoir ce qu'il faut demander à l'IA. Impossible de savoir ce qui va et ce qui ne va pas.
En un mot, sans cap, vous n'irez nulle part avec l'IA.
Le rôle du développeur, c'est donc d'apporter ce cap : savoir comment faire avancer le projet avec l'IA, jusqu'à l'emmener en production.